Et si le matériel faisait un peu… le photographe ?

Je ne suis pas totalement d’accord quand j’entends que le matériel ne fait pas le photographe. Bien sûr que cela fait le photographe… du moins en partie ! Il y a bien trop d’ingrédients qui font qu’une photo va toucher d’autres personnes pour que l’on puisse exclure CETTE raison. Un 85 mm F1,2 n’est tout de même pas un 85 mm F5,6. Et si derrière cette « vérité » se cachait finalement d’autres sentiments…

 

La photographie est intimement liée au matériel photo. Pour chanter, là, vraiment, il n’y a aucun artifice. Mais en photo, il en va autrement…

Le talent est évidemment au dessus des contingences matérielles mais avec du très bon matériel celui-ci s’exprimera encore mieux à défaut de simplement s’exprimer. Cartier-Bresson travaillait avec du Leica, Vincent Munier, les derniers téléobjectifs Nikkor et Ussain Bolt ne bat pas ses records avec mes tennis !

 

Le talent est évidemment au dessus des contingences matérielles mais avec du très bon matériel celui-ci s’exprimera encore mieux !

 

Donc on est bien d’accord que ces personnages talentueux le resteraient avec du matériel bas de gamme. Mais pourquoi être masochiste et travailler avec du moins bon matériel parce que l’on a du talent ? Et pourquoi, si on n’a pas de talent – à nos yeux -, nous ne devrions pas utiliser telle ou telle optique ? Là, je pense que l’on sera tous d’accord.

 

Choeur de l'abbatiale romane d'Issoire au 14mm Canon
Choeur de l’abbatiale romane d’Issoire au 14mm Canon

 

Qu’est-ce que ce vieil adage peut donc bien cacher comme arrière pensée ?

Je suis conscient que j’aborde donc un sujet que je sais délicat car souvent viscéral… Et il existe tellement de façons différentes de prendre des photographies, de faire ses emplettes ! Avec du matériel très simple ou très complexe, très cher ou très abordable. Très pragmatique ou qui laisse rêveur, avec ou sans talent…

Donc que se passe-t-il dans la tête de ceux qui veulent tel objectif et, à l’inverse,  de ceux qui disent que le matériel ne fait pas le photographe. Voilà ce que j’en pense et voici mon sentiment…

On rêve tous de laisser une empreinte dans l’histoire de la photo… ou plus modestement procurer des émotions aux quelques personnes avec qui on partagera nos photos. Nous sommes des êtres sociaux et le besoin de reconnaissance fait parti de notre pyramide de Maslow.
A moins que cela soit tout simplement de passer du bon temps dans la nature à la recherche d’une plante, d’une ambiance, d’un animal, avec du matériel qui nous plaît ou qui nous a fait rêver. Nous n’avons pas à juger, je crois. Je pense qu’il existe de trop nombreuses raisons différentes pour acheter du matériel.

Photographes, on rêve tous… ou presque, parfois secrètement, de telle ou telle optique, tel ou tel matériel car il n’est parfois pas de bon ton de laisser penser que l’on ne ferait de belles photos qu’avec tel ou tel appareil.
Et si l’on ne parlait que de meilleures photos; par rapport à nous même ?

A photographe donné, faire un portrait au 85mm F5,6 ou bien au 85mm F1,2 ce n’est tout de même pas la même chose, n’est-ce pas ? Je crois même, que sans talent particulier, cela améliore nettement les images !
Les meilleurs photographes prendraient certes de belles images avec du matériel plus modestes MAIS ils utilisent très souvent du matériel de rêve. Tous les photographes que nous admirons travaillent avec du super matériel.
Pourquoi feraient-ils autrement ? Par masochisme ? Je n’imagine pas une seconde que Michel Ange travaillait les marbres les plus pourris, que Léonard de Vinci les couleurs les plus lavassent. Pourquoi le feraient-ils ? Parce que eux ont du talent ? Ah bon ! Vincent Munier, photographe animalier que j’admire et qui vient de mettre à jour son site n’aurait pas pu prendre ces merveilleuses photos sans les incroyables optiques Nikkor. Il n’a pas travaillé au 80-400 F5,6 d’une autre marque !

Or, il paraît presque honteux de dire que son matériel pourrait nous permettre de faire certaines images, que l’on ait du talent ou pas d’ailleurs. Si on n’a pas de talent, c’est encore pire, c’est vrai !

Mais pourquoi cela ?

Et si se cachait parfois un sentiment de frustration – la nôtre – derrière cet adage ?

Rue Dieulafoy - Paris XIII - 17 mm TSE Canon
Rue Dieulafoy – Paris XIII – 17 mm TSE Canon

Je tiens à préciser tout de suite qu’il m’est arrivé de parler avec certains photographes amateurs (car cette discussion est vraiment très rare chez les professionnels pour une raison simple : ils achètent davantage ce dont ils ont besoin et ils n’hésitent pas à dépenser s’il faut), et de sentir que derrière le désir ardent pour tel ou tel objectif ou appareil photo se cachait une idée de belle photo, accessible uniquement par celui-ci. L’expression personnelle n’étant pas très importante. Je sais évidemment que c’est faux. Mais je crois alors que ce photographe me dit autre chose. Il me parle de ses rêves tout simplement. Je sais évidemment que cela ne fait pas tout mais cela participe aussi à une vie plus douce.

Or cela devient trop souvent à mon avis « Le matériel ne fait pas le photographe ». Qui nous dit qu’au fond de lui, ce n’est pas ce qu’il pense. Qui nous dit qu’il croit peut-être fermement qu’il n’a pas de talent et qu’il veut le cacher derrière cet achat. On n’en sait rien !

Et si d’acheter tel matériel débloquait un sentiment d’infériorité chez ce photographe ? Le matériel pourrait ne pas avoir comme seule fonction que de nous transformer en artiste talentueux.

Il est vrai que si l’on est un piètre photographe, que l’on a pas grand chose à dire, le matériel utilisé ne vous aidera que très partiellement à faire un miracle. Car il ne faut tout de même pas rigoler, si notre piètre photographe photographie sa compagne au 135mm F2,0 plutôt qu’avec un zoom 15-85mm F5,6, il prendra tout de même une plus jolie photo, toutes choses égales par ailleurs.

Nous avons donc le droit de rêver au matériel photo….

En quoi finalement cela me dérange ?

Et si derrière ce vieil adage se cachait finalement un autre sentiment encore plus fort et qui nous ramène à… nous-même. Que veut-elle VRAIMENT nous dire ? Que cherche-ton vraiment à lui dire ? Et si elle cherchait à nous dire autre chose ? Et si cela réveillait chez nous nos propres démons ?

Je crois vraiment qu’un sentiment universellement partager consiste à dire, quand on ne peut pas s’acheter quelque chose : je m’en moque, je n’en ai pas besoin; je m’en moque les riches ne sont pas plus heureux; je m’en moque, les bons font de belles choses avec rien, etc.

C’est moins douloureux… et pendant ce temps, on ne réfléchit pas à ce que cela nous fait VRAIMENT. L’autre nous renvoie en fait à nos propres faiblesses à ce moment là et ce n’est pas agréable. Alors on va s’occuper de lui, lui et sa manière de penser.

Le vrai sentiment qui se cache derrière est peut-être : je suis dégôuté car je ne peux pas me l’acheter non plus et surtout je ne vois pas comment je pourrai me l’acheter donc cela devient : « Je n’en ai pas besoin, je n’en ai pas vraiment envie, je ne ferai pas de plus belles photos avec ». Quel dommage, quel gachis de pensées.

Portail central de la cathédrale de Bourges - 17 TSE Canon avec bascule
Portail central de la cathédrale de Bourges – 17 TSE Canon avec bascule

Pour finir, une anecdocte car c’est la suite de cet évènement il y a cinq ans que j’ai compris cela : je possédais à l’époque une voiture diesel d’une marque dite prémium. Un jour, le vendeur me propose d’essayer le modèle très sportif de mon modèle. Je dis oui, bien entendu. Important : quand j’étais petit, je ne regardais pas spécialement les voitures de sport et je peux vous assurer que cela ne faisait pas partie de ma short list en cas de gain au loto.

On va faire l’essai et instantannément une jolie banane se dessine sur mon visage. Incroyable !

A la fin de l’essai, je me tourne vers le vendeur et lui dis deux choses : « Que c’est incroyable à conduire une voiture faites par des passionnés pour des passionnés. Tout est plus agréable, sensible, bien au-delà de la simple puissance du moteur » et « Mais pourquoi ai-je dis à mon amie que jamais je n’acheterai de voiture de sport ?! ».

Pourquoi cela ? Et bien aujourd’hui c’est très clair. Je préférais me dire que je m’en moquais, que de toutes façons on ne peut pas rouler à plus de 130 Km plutôt que de me dire que j’en aurai jamais tout en en rêvant. C’est moins douloureux !

Aujourd’hui, je préfère de loin rêver et me dire que je ne sais pas comment je vais pouvoir utiliser tel ou tel matériel mais c’est clair que j’adorerai… et depuis j’ai découvert que l’on pouvait utiliser sans forcément avoir. On peut très bien vous prêter du matériel par exemple…

Donc au final, je préfère voir le verre à moitié plein et voir le positif de cet adage : le plaisir, le rêve et peut-être davantage de créativité, de « déblocage artistique », de liberté d’expression ensuite, même chez les photographes sans talent. Cela se tente, non ?


Arnaud

Photographe-auteur depuis 2004, je suis avant tout un photographe passionné depuis l’âge de quatorze ans, passionné par la photo panoramique et la gestion des couleurs, entre autres...!

36 Commentaires

  1. Je suis aussi entièrement de ton avis Arnaud, l’appareil que le photographe utilise est souvent à la base des plus beaux clichés. Talent et matériel doivent toujours être complémentaires pour un meilleur résultat d’où certains photographes n’hésitent pas à dépenser une petite fortune dans l’achat d’un appareil performant par amour du métier,de la photographie mais aussi de la clientèle.

    1. Bonjour,
      Je ne suis pas d’accord avec vous, car avant l’essor du numérique et voir des zoom et autre objectif, les anciens photographes d’il y’ a quelques décennies, shootez avec un objectif fixe , et bien souvent du 50 , car le 35 pour certain était un peu cher.
      Cela ne les a pas empêché de faire de superbe photos.
      J’ai une femme membre de mon cours, qui a commencé la photo, il y’ a maintenant 2 ans, et elle à son Nikon bas de game, et pourtant elle nous sort des photos beaucoup plus belle que certains avec leur matériel haut de game. Ce qui compte , c’est l’oeil, le plaisir qu’on y prends.
      Après, ce n’est que mon avis,et pas celui de tout le monde. Je veux bien que l’on ai du bon matos qui coûte hyper cher , mais je ne pense pas que cela soit utile et suffisant.

  2. Bonjour Arnaud,
    je suis assez d’accord avec toi, étant équipé d’un matériel assez haut de gamme j’ai aussi remarqué que beaucoup de ceux qui en sont équipés ont tendance à dire que le matériel ne fait pas le photographe…qui est plus facile à dire quand on a 6000€ de matos autour du cou, effectivement là ce n’est pas le matériel qui va nous limiter (à moins de s’être fait arnaquer méchamment lol).
    Cette idée se propage chez les débutants et amateurs car nombreux sont les blogs qui les confortent dans ce sens. J’ai même lu sur un blog l’article d’une femme qui reprend ce principe pour affirmer que les hommes achètent des gros appareils pour compenser certaines frustrations (point de vue féminin par excellence 😉 ), sans se dire que si on pouvait trouver des 20-300mm f/1.8 compact de grande qualité pour pas cher on serait les premiers à les acheter ^^. D’autres blogs de personnes équipés de gros 5DIII ou D4s et autres monstres qui ont retenu mon attention en pondant des articles comparant des images en APS-C et FF (650D et 5DIII), voire APS-C et APS-C (450D et 7D) et comparant les prix du matériel, qui font clairement ce genre d’articles pour amener des débutants à les lire et sentir leurs « petits » appareils valorisés (malgré tout c’est logique, leur but est d’être lu, les pros n’ont pas de raison de le faire), mais en réfléchissant un peu plus on peut lire leur article dans le sens « tu soutiens donc qu’on fait d’aussi belles images avec du matériel à 500€ qu’à 5000…et tu as acheté le matériel à 5000! donc tu es très c** et tu nous le démontres, images à l’appui » :p .
    Selon moi, il s’agit du même ressort psychologique qui oblige beaucoup de photographes Canon à dénigrer Nikon et vice versa (oui il y a d’autres marques mais c’est le débat le plus actif), vouloir se rassurer sur le bien fondé de son achat et sur le fait qu’on a acheté au mieux avec le budget dont on dispose. Mais en fin de compte, on trouvera souvent les mêmes possibilités et limites sur toutes les marques, à gamme équivalente, et les appareils plus évolués (donc plus chers) sont toujours plus performants, tout dépend de ses besoins/niveau d’exigence.

    1. Pour répondre à ton histoire de marque, je suis depuis toujours en Sony,et donc pour certains, j’ai du matos de merde, et je ne dois pas jouer dans la cours des grands.
      Bon ,moi à mon âge je m’en fiche royalement de leur avis.si le faite de faire défiler leur matos à 5000 euros leur donne l’impression d’être plus crédible,et biens soit.
      Mais je persiste et signe sur le faite que même si tu n’a pas du matos de fou, mais que tu l’oeil et la façon d faire, tu sortira de belle photos. Ok peut être pas aussi esthétique, mais ce sera une photo qui te fera vibrer comme au temps de l’argentique, ou tu avais du grain partout, parfois flou, mais avec un dynamisme à te couper le souffle.Je crois que cet esprit à bel et bien disparu. Je suis certain que si quelques photographe d’époque faisaient des photos aujourd’hui comme il y’ a plusieurs décennies , beaucoup crieraient au scandale et les mecs seraient crucifier sur la place publique.

  3. J’avoue être un fan de vos articles et que vous m’avez grandement aidé dans pas mal de sujet, mais, il y a un mais! 😉

    A mon humble avis :

    Évidement le matériel a une grande importance, sauf que c’est le plus gros défaut des photographes amateurs!!!! Mettre la technique et le matériel avant le discours…

    Connaitre son matériel et ces capacités, les exploiter pour servir nos images… c’est pour moi ce qui fait la photographie! A part la faible profondeur de champ et le piqué, tout le reste peut être ajuster au développement!

    Alors, effectivement, la grande ouverture est le point essentiel qui va dans votre sens!

    Mais je n’ai jamais compris l’utilité du piqué dans la construction d’une image! La différence infime n’a d’importance que le nez a 2cm de la photo. Et à f1.2 ou f2.8 le piqué… ben c’est plutôt faiblard!

    J’ai jamais regretté mais optique pro en voyage et je sors des images qui me plaisent beaucoup avec mes transtandards à f3.5/5.6.

    Alors, pour conclure, des optiques à grandes ouvertures, ça aide beaucoup…

    Mais, pour moi, ça fait pas le photographe!

    La singularité de chacun, exprimée au travers de nos photos… moi j’aime bien 😉

    Et puis le discours en photographie n’a pas besoin d’être beau ou technique pour avoir de l’intérêt! Le flou peut être un outils extraordinaire, le grain, le bruit aussi, la sur-ex, la sous-ex!!!! Faut juste choisir de s’en servi pour dire quelque chose…

    A mon humble avis 😉

  4. Bonjour,
    Complètement d’accord, tout est dit et bien pesé…(ce texte n’a jamais dit que le matériel faisait le photographe…)
    J’ai longtemps eu du matériel de base et j’étais heureux des résultats. Mais je me dis que si j’avais eu du matériel plus performant, l’impact de l’image aurait été plus grand en terme de piqué. Je suis « sans talent » mais je me suis acheté le 70-200 f2,8 de Canon POUR LE PLAISIR !!!! (et je le dis sans honte) : voilà pourquoi j’ai acheté cet objet longtemps désiré ; et j’imagine aujourd’hui retourné en Nouvelle-Calédonie refaire mes belles photos. Bon, je vais attendre, l’objectif m’a coûté un demi-bras !!! l’autre moitié c’était le 7D mark II…

  5. Il y a du vrai et du faux !
    Quelqu’un qui n’a aucun talent artistique fera des photos immondes même avec un réflex et n’importe quel objectif (ex : ma mère :p). Par contre un amateur ayant un oeil averti ferait des photos 1000x plus belles avec un objectif semi-pro qu’avec le 18-55 d’origine. Je me place modestement dans cette catégorie, ayant eu en prêt le 24-70 2,8 d’un ami photographe j’ai été subjugué par le rendu de certaines images. Quand je fais les mêmes avec mon 18-135 ben… c’est pas pareil quoi qu’on en dise 🙂
    Je pense que c’est la même chose dans tousles domaines. Usain Bolt en espadrilles mettrait plusieurs mètres dans la vue à tous les visiteurs de cette page chaussés de pumas haut de gamme. Non ?
    Sympa cet article en tout cas, merci.

    1. La question n’est pas, d’après ce que je crois comprendre de l’article d’Arnaud, si Usain Bolt nous mettrait plusieurs mètres dans la vue en espadrilles face à nos Puma haut de gamme. Mais plutôt, pourquoi Usain Bolt choisirait de courir en espadrilles parce qu’il court vite et pourquoi nous on devrait courir en espadrilles parce qu’on ne court pas aussi vite 😉 ? Et surtout, pourquoi on devrait s’en justifier. Ce n’est pas parce qu’Usain est super rapide et qu’il porte des Puma HDG qu’on ne peut pas en acheter aussi et encore moins qu’on doive les cacher pour ne pas entendre d’autres nous dire « bouh, il se prend pour Usain Bolt! » :p .

  6. Je rejoins le sens de l’article.
    Je dirais simplement aussi que de photographier avec du matériel performant peut aussi stimuler et aider sa propre évolution technique. Quand tu sais que tu peux faire confiance à ton matériel, tu oublies les tracas techniques pour te consacrer à la composition et à l’émotionnel.

  7. Cet article est très bien mais pour moi ce n’est pas le stylo qui fait l’écrivain.
    ‘‘Si notre piètre photographe photographie sa compagne au 135mm F2,0 plutôt qu’avec un zoom 15-85mm F5,6, il prendra tout de même une plus jolie photo…’’ Pour moi ce n’est pas si évident que ça. Lorsque je laisse mon matériel dans les mains d’un néophyte la profondeur de champs n’est jamais où il faut. C’est normal, du matériel plus pointu c’est aussi du matériel plus exigent. Non, vraiment, ce n’est pas le stylo qui fait l’écrivain. Le type qui sait bien utiliser les priorités ‘‘ouverture’’ et ‘‘priorités vitesse’’ sur un bon compact (et il y en a maintenant des très bons et très accessibles) s’en sortira toujours mieux qu’un néophyte en mode auto sur un reflex pro ou expert…

    1. Bonjours Stephane,
      mais l’écrivain qui n’a pas de stylo n’écrira pas grand chose (ou avec d’autres moyens). Un photographe sans appareil devra donc apprendre le dessin et peindre sa photo, ce qui fera de lui non plus un photographe mais un peintre 😉 .
      Oui, un neophyte en mode auto sur un reflex pro ou expert s’en sortira moins bien qu’un pro sur un compact…tout simplement parce que le matériel est inversé, le reflex pro est censé se retrouver entre les mains du « pro », pas du neophyte. Un mauvais conducteur s’enverra dans le mur avec une F1 quand un pilote de course poussera une twingo dans ses derniers retranchements, mais il ne battra pas d’autres pilotes de course en F1 :p .
      Tu parles de ton matériel dans les mains d’un neophyte, donc on peut supposer que tu as du matériel pointu. Bizarre, après avoir dit que ce n’est pas le stylo qui fait l’écrivain tu sembles avoir toi-même choisi un stylo 4 couleurs 🙂 .
      Ce n’est ni le matériel ni le photographe qui fera une bonne photo, mais l’association des deux. Si les deux sont mauvais, la photo sera mauvaise. Si l’un des deux est bon, la photo sera « potable ». Si les deux sont bons,…

  8. Bonjour l’ami, je mets mon petit grain de sel en disant que dans certains cas, la photo d’un appareil médiocre vaudra celle d’un appareil de luxe, mais qu’un très bon appareil permettra de se tirer de situations impossibles avec un bas de gamme. Mais l’art ne dépend pas du matériel, et on peut réaliser une oeuvre avec un sténopé !
    Je te mets l’adresse de mon blog, va voir dans les archives, illustré avec un compact
    http://monpetitjournaldicietdailleurs.over-blog.com/2014/12/neige-de-decembre-au-mexique-mais-sur-le-popo.html
    De toutes manières, toutes les photos, au départ de 10 mégapixels sont réduites à quelques centaines de kilos…
    Amitiés

  9. Bonjour 🙂

    Photographe passionné, je découvre votre blog. Je suis arrivé ici après avoir lu votre très intéressant et super bien fait article sur http://www.guide-gestion-des-couleurs.com/conseils-achat-ecran-photo-a-quel-prix.html#2 que je recommande par ailleurs chaudement à tous ceux qui, comme moi, sont en quête d’un bon moniteur à prix raisonnable permettant le post traitement photos.

    Je suis surpris, même très agréablement surpris par ce que vous nous dites ici sur cet article et partage depuis bien longtemps votre opinion. Il est tout à fait exacte de dire que bien souvent nous pouvons lire que ce n’est pas le matériel qui fait le photographe. Si c’est votre oeil qui vous fera respecter la règle des tiers, ce n’est pas lui qui vous donnera un superbe bokhey en arrière plan dans vos photos et ce bokhey a un prix. Ce n’est pas lui non plus qui vous permettra de pouvoir tirer en grand en qualité Fine Art, les beaux yeux de la belle-mère… Je ne cesse de le dire, la photographie est une passion et une passion qui coûte cher, très cher mais quelle joie pour ne pas dire jouissance lorsque l’on réalise que cette photo est la plus belle de notre vie … Autrement dit, on ne fait pas de bon travail avec de mauvais outils. C’est vrai dans n’importe quel métier.

    Quand à la façon de penser que vous décrivez, consciente ou inconsciente, bien-sûr que tout ce que nous dénigrons nous le perdrons tôt ou tard et bien-sûr aussi a fortiori que tout ce que nous aimons finit par grandir et se développer… même pour le matériel. … Donc … n’ayons de cesse de tendre vers cette inaccessible étoile 😉 …

    Belle et lumineuse journée !

      1. Pas de quoi, je le pense. Par ailleurs, je me suis permis de vous poser une ch’tite question via les messages sur votre page Facebook. Ce serait super sympa d’y répondre de votre part … 🙂 … Cordialement !

  10. Bonjour,
    Votre article bien écrit avec bon sens et humour, va me permettre de réfléchir à ce blocage que j’ai comme beaucoup.
    Après il faut que je choisisse, et sache le faire, quel matériel va me permettre d’aller plus loin, améliorer ce que je veux faire passer.
    Vaste programme 😉
    Merci pour ce moment qui permet d’aller plus loin.
    Cordialement
    Christine

  11. Tout à fait d’accord avec ce post. L’appareil photo et les cailloux comptent beaucoup dans le résultat final, quoi qu’on en dise. C’est un peu comme tous les riches qui disent que l’argent ne fait pas le bonheur… Ils oublient simplement de rajouter la fin de la phrase :…de ceux qui n’en n’ont pas (de l’argent) 🙂

  12. Bonjour,

    Beau billet, je plussoie à 100% :o)

    Ça me rappelle de nombreuses discussion (très) animées dans différents domaines comme le sport (raquette ou chaussure…), la musique (instrument), ou la photo.

    Un autre adage que j’utilise très souvent, et qui est aussi souvent très réfuté :

    « Quand le chien ne peut pas attraper la saucisse, il dit qu’elle sent mauvais » ;o)

  13. ça me rappelle un peu Bigard qui dit que, par exemple, les pauvres n’ont aucun goût, il n’y a même pas un Picasso accroché chez eux 🙂

    plus sérieusement, je pense que le matériel a une certaine importance dans le sens qu’il constitue, en quelque sorte, l’extension de l’oeil du photographe, et ce dernier doit se sentir à l’aise et en parfaite symbiose.

    je ne vois pas pourquoi il est interdit de penser qu’on fera de meilleurs photos avec un objectif haut de gamme, alors que le fait d’utiliser des poêles de qualité permet de faire une cuisine plus maîtrisée, ce qui est une évidence pour tout un chacun.

  14. Bonjour Arnaud,
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton discours.
    Un appareil photo ne permettra jamais au photographe d’avoir le coup d’oeil, ne lui « donnera » pas le bon cadrage.
    Le photographe, comme le montre un dessin que j’ai vu il y a quelques temps, c’est un oeil, un cerveau et un doigt.
    L’appareil photo n’est que l’outil qui permet la matérialisation d’une vision.

    Cependant, l’appareil fait la photo, tout au moins sa qualité technique.

    Des milliers de personnes ont un matériel équivalent ou supérieur au tien, mais peu de ces personnes sont capables de faire des images au niveau des tiennes.

    Daniel

    1. Je suis totalement en phase avec ce commentaire.
      Non le matériel ne fait pas LA photo.
      Par contre, le BON matériel :
      1 – facilite souvent grandement la réalisation de la vision du photographe
      2 – amène la qualité « technique » de l’image
      3 – mais ne pourra jamais amener à lui seul la qualité « EMOTIONNELLE » (je n’arrive pas à mettre de meilleur terme) d’une photo

  15. Salut Arnaud

    Le matériel ne fait pas le photographe pro, mais il y contribue.

    1) Conditions extremes

    Je rentre juste du Svalbard ou j’ai passé pas mal de temps dans le back country par -30 -40 °c avec T° ressentie de -60°C avec le vent. A ces T°, tes mains restent collées sur le boitier par leur humidité qui gèle instantanément à son contact. J’avais comme boitier un 1DX et un MkIV, et je peux te dire qu’ils étaient indispensable pour résister aux conditions. La batterie du 1DX tiens d’ailleurs moins bien le grand froid que celle du mkIV.
    Conclusion 1 : dans des conditions extrêmes, seul du materiel extreme permet de faire le taf.

    2) Ensuite la signature particulière d’un objectif
    Je pense par là au 85 1.2 ou au 50 1.2 … ces objectifs une fois maitrisés apportent une signature visuelle propre aux images, ils peuvent transcender le regard du photographe.
    Conclusion : maitriser le bon matériel pour avoir le bon rendu

    3) Le top qualitatif
    Obtenir une image la plus parfaite possible, après s’être placé idéalement par rapport au sujet, avoir réfléchi son cadrage, le sens qu’on veut donner à l’image, passe aussi par la qualité superlative de l’objectif, ex le 17 TSE, le 500 4 L etc…

    Donc bon le matériel ne fait pas la photo tt seul, mais il y contribue… comme un marteau ne plante pas des clous sans toi d’ailleurs, et encore moins si tu tapes mal 😀 !

  16. Bonsoir,
    La frustration du manque de matériel est bien effectivement la première chose que j’ai combattu en devenant professionnel, je suis bien d’accord que le matériel est important et permet de souvent faire la différence.
    Par contre, je pense qu’il est important d’apprendre à savourer ce que nous avons, apprendre à l’exploiter à son maximum pour passer à un autre niveau qui permettra d’apprécier d’autant plus le matériel plus performant. Il ne faut pas toujours impérativement aller chercher plus haut, sans doute cela qui fait la différence entre les gens heureux et ceux qui ne le seront jamais.

  17. Quand je discute de ce sujet avec des amis, je compare cela à l’achat d’une « supercar ». Je roulerai plus vite qu’avec une voiture normale, mais ça ne fait pas de moi un pilote pour autant.

    Comme tu le dis, le bon matériel sublime le pilote. Et le pilote n’a aucune raison de ne pas utilise « LA » voiture .

  18. Bonsoir Arnaud,

    Belle approche que cette question de matériel.
    Quelqu’un à dit : L’argent ne fait pas le bonheur, mais y contribue grandement; le matériel photo ne fait pas de chefs-d’oeuvre à lui tout seul…mais y contribue certainement.

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